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Ma première
participation au récent congrès de l’IDRRIM à Beaune, ainsi que la richesse des
échanges qui l’ont animé, m’ont conforté dans la vision largement partagée des enjeux
attachés à nos réseaux de transport. Au-delà des infrastructures qu’il nous
faut entretenir, exploiter et adapter, elles représentent un patrimoine de la
Nation, levier essentiel de son dynamisme économique, support quotidien de plus
de 90 % des déplacements de personnes et de marchandises et facteur majeur
de cohésion territoriale. En
reliant chaque bassin de vie, elles sont le fondement même de la liberté de se
déplacer, mais sont aussi traversées par les grandes mutations de nos sociétés :
évolutions démographiques, transitions économiques, innovations technologiques
et transformation numérique viennent aujourd’hui réinterroger leurs usages. Pourtant,
ce patrimoine d’exception traverse une zone de turbulences majeures. Le premier
défi, bien connu des gestionnaires, est celui de la pérennité de nos réseaux et
de la « dette grise » accumulée sous l’effet du vieillissement de ces
infrastructures et des retards cumulés dans leur maintenance. Comme le
rappellent les travaux de l’Observatoire national de la route (ONR), auxquels
le Cerema contribue activement, différer l’entretien aujourd’hui expose à des
surcoûts considérables demain. Dans
un contexte de forte contrainte sur les finances publiques, chaque décision
d’investissement et de maintenance doit donc être guidée par une connaissance
objective de l’état du patrimoine, une hiérarchisation rigoureuse des priorités
et une capacité accrue d’anticipation. À
cette exigence patrimoniale s’ajoute le défi majeur de l’adaptation au
changement climatique et de la transition écologique. Retrait-gonflement de sols
argileux susceptibles de fragiliser les infrastructures sur plus de la moitié
de notre territoire, canicules extrêmes mettant à rude épreuve les revêtements,
inondations soudaines ou instabilités de versants : nos infrastructures
sont en première ligne. Préparer
la France de 2050 nous impose d’anticiper ces évolutions et de réinventer
collectivement nos référentiels techniques, de massifier le réemploi et
l’économie circulaire, d’accélérer la décarbonation de nos méthodes de
construction et d’exploitation, mais aussi de renforcer la résilience globale
de nos infrastructures. Face
à ces mutations profondes, l’IDRRIM joue un rôle fédérateur essentiel. C’est au
sein de cette alliance unique entre acteurs publics et privés que se forgent la
doctrine technique, les méthodologies partagées et les innovations permettant à
l’ensemble de l’écosystème routier français d’avancer d’un même pas. Le
Cerema continuera de mettre toute son énergie, son expertise d’ingénierie
publique et sa proximité avec les réalités territoriales au service de cette
ambition commune. En tant que tiers de confiance, partenaire des collectivités
et de l’ensemble des maîtres d’ouvrage, nous sommes pleinement engagés au sein
de l’IDRRIM et auprès de ses membres pour contribuer à bâtir des
infrastructures durables, résilientes et adaptées aux besoins de mobilité de
tous nos concitoyens. Étienne Crépon Directeur général du Cerema
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